Accueil
10-02-2012
 
 
conf de press
 
 
 
    	 	 	 	 	 	  

 

Carnet de Jean-Pierre Chevènement

L’acte de naissance d’une Europe régressive et disciplinaire

Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Augmenter la taille Augmenter la taille    Diminuer la taille Diminuer la taille
inShare1


Le contenu du nouveau traité européen annoncé par Mme Merkel et M. Sarkozy est très grave : c’est l’acte de naissance d’une Europe régressive et disciplinaire. L’adoption d’une règle d’or constitutionnalisée, en fait règle d’airain, proscrivant tout déficit budgétaire sous le contrôle de la Cour de Justice européenne, c’est la garantie de politiques restrictives et récessionnistes prolongées dans toute l’Europe. C’est « la décennie perdue » évoquée par Mme Lagarde à l’horizon 2020.

Des sanctions automatiques, à travers cette innovation juridique que serait l’institution d’une règle de majorité minorée, c’est la mise à l’amende des pays les plus en difficulté. C’est l’Europe disciplinaire. Rien en contrepartie sur le rôle de la Banque Centrale européenne. M. Draghi est seul maître à bord : les peuples n’ont le droit que de se taire.

Sur le fond, M. Sarkozy et Mme Merkel se trompent : la crise de la monnaie unique ne vient pas du laxisme budgétaire des gouvernements mais de sa conception même : elle a juxtaposé des pays trop différents par leurs structures économiques, leurs cultures et leurs options politiques.

Mme Merkel a imposé à M. Sarkozy la vision de politique monétaire et budgétaire allemande. Ne pas le dire serait accepter de céder à l’intimidation que le gouvernement français a voulu exercer à l’égard de son opposition, en organisant cette campagne insane sur la « germanophobie » supposée du Parti socialiste. La France et l’Allemagne peuvent avoir des intérêts différents. L’essentiel, c’est de chercher des compromis dans l’intérêt général européen. La conception d’une politique monétaire plus accommodante et permettant la relance, correspondrait davantage à l’intérêt de l’Europe.

Pour résister aux exigences allemandes, il eût fallu rassembler les Français. En cherchant à les diviser de manière caricaturale le gouvernement de M. Sarkozy a, par avance, démontré l’esprit de renoncement qui l’anime. C’est grave.

Le sommet européen prévu les 8 et 9 décembre sera un sommet pour rien : aucune disposition n’est prévue en effet pour enrayer les difficultés de la zone euro prévisibles à court terme, bien avant la discussion et plus encore la ratification du nouveau traité. Celui-ci ne sera jamais adopté. A cet égard, la position de François Hollande est parfaitement justifiée : la priorité est à l’action immédiate, pas à un nouveau traité. La crise de la monnaie unique implique qu’on cherche rapidement d’autres issues. L’idée d’une monnaie commune devrait faire son chemin.

Zapatero ou la malédiction de la gauche européenne

Publié le 21-11-11 à 08:37    Modifié à 10:21     par Jean-Gabriel Fredet     15 réactions

Le dernier survivant de la "vague rose" passe la main à la droite en Espagne. L'Europe vire au bleu. Pourquoi la gauche ne parvient-elle pas à conserver le pouvoir ? Par Jean-Gabriel Fredet.

  Zapatero et Martine Aubry en campagne pour le PSE PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Fin d’un projet et d’une espérance ? Certainement pas. Fin d’une époque ? Sans aucun doute. Si la défaite de José Luis Zapatero et du parti socialiste espagnol, la plus forte depuis la "transition démocratique" post-franquiste, n’est pas la fin du socialisme, elle marque la fin d’une époque, celle de la "vague rose" des années 1996-2006. Sans permettre encore d’en espérer une autre.

La défaite des poids lourds - Lionel Jospin et Gerhard Schröder, suivis du suédois Göran Persson en 2006, puis des britannique Tony Blair et Gordon Brown - avait mis fin à la première vague d’une social-démocratie rajeunie, à l’écoute de son siècle.

La seconde vague, celle du portugais José Socratès, du grec George Papandreou et aujourd’hui de l’espagnol José Luis Zapatero a été balayée par la crise à laquelle elle a répondu à contre-temps par des recettes néo-libérales. Elle paye le prix de son aveuglement, de son indécision et de ses contradictions.

La social-démocratie en crise

La palme va à Zapatero qui déclarait, trois ans avant son plan d’austérité historique de 2010, que "dans la champion’s League des économies mondiales, l’Espagne était elle qui gagnait le plus de matchs, qui marquait le plus de buts et qui en encaissait le moins". Dimanche, le peuple souverain a arbitré autrement.

Mais à l’échelle de l’histoire, ces deux vagues traduisent un même échec de la social-démocratie : son incapacité à répondre par une offre politique nouvelle aux défis d’un monde nouveau qu’elle n’a su ni "penser", ni intégrer dans son projet.

Mondialisation et triomphe des "émergents", "financiarisation" de l’économie, crise de l’Etat providence, montée de l’individualisme, fragmentation du salariat, malaise des classes moyennes, désindustrialisation et explosion de l’économie de la connaissance : ces sujets brûlants qui bouleversent notre vie quotidienne ont donné lieu à d’excellents symposiums.

Rarement à des propositions concrètes, capables de fabriquer un nouveau compromis social entre des électeurs de plus en plus volatils et de vieux partis progressistes usés, en panne de créativité, souvent à la remorque de formations conservatrices sachant, elles, renouveler leurs discours et préempter l’idée du changement avec de nouvelles stratégies, de nouvelles postures et de nouvelles alliances.

La gauche du chacun pour soi

Pis : alors que la réponse socialiste , historiquement internationaliste, postule une réponse transnationale à des problèmes - financiarisation de l’économie, sécurité, défense de l’environnement, qui par nature ignorent les frontières, les gouvernements sociaux-démocrates ou travaillistes européens ont tous répondu à la crise par des solutions nationales. Chacun pour soi.

Flexibilité du travail extrême et fiscalité inique au Royaume-Uni, super-rigueur salariale et remodelage de la protection sociale afin de préserver sa sacro-sainte compétitivité en Allemagne, rigueur de "gauche" (après une longue série de "cuites" carabinées ) qui ajoutée à la rigueur "de droite" ruine sans guérir, du Portugal à la Grèce : aux coups de butoir du capitalisme mondialisé, les sociaux-démocrates ont répondu par des stratégies égoïstes.

Le silence de l’Europe face à la crise financière choque. Il reflète aussi l’incapacité de la social-démocratie à fournir une réponse européenne aux défis de la mondialisation.

Pour son premier déplacement à l’étranger, François Hollande avait choisi de rendre visite à Zapatero, leader d’un parti battu pour avoir mal géré la crise après l’avoir niée. Souhaitons que le candidat de la gauche française écoute à l’avenir les "indignados", responsables d’un taux d’abstention record. Leur rage devant l’épuisement du vieux compromis social et leur pression pour régénérer la démocratie rappellent l’urgence d’une nouvelle offre politique.

Jean-Gabriel Fredet - Le Nouvel Observateur

Lire la suite...
 
aisne nouvel

Éducation nationale / 68 postes menacés dans le primaire

Publié le samedi 14 janvier 2012 à 11H00 - Vu 179 fois


Il y aura moins d'enseignants dans les classes l'an prochain.

Il y aura moins d'enseignants dans les classes l'an prochain.


AISNE. l'Education nationale peaufine son plan de suppression de postes. Les chiffres, évoqués par les syndicats, suscitent déjà la colère.

«POUR moi, c'est une sape de plus en plus régulière de ce qui fonde l'école républicaine et le métier d'enseignant. C'est gravissime. J'ai l'impression que l'on vide la substance des valeurs de l'école », estime Brigitte Fournié-Turquin, retraitée de l'Éducation nationale et élue d'opposition à Laon. Elle vient de manifester sa colère lors du dernier conseil municipal de la ville préfecture.
Pour l'instant, les chiffres sont officieux. Selon les syndicalistes, l'Aisne serait concernée par la suppression de 68 postes dans le primaire pour 83 dans la Somme et l'Oise. L'an dernier, l'Aisne avait été affectée par un trait de plume rayant cinquante postes. Cette fois, les mesures prévues seraient encore plus rudes. « C'est catastrophique et inacceptable », dénonce Jean-Pierre Clavere, du Syndicat national des instituteurs et professeurs des écoles.
Dans le département, 190 élèves en moins sont attendus dans les classes du premier degré pour atteindre, à la prochaine rentrée, 53 139 scolarisés.
Le nouveau plan se décompose ainsi : 57 enseignants en moins avec les remplaçants, les conseillers pédagogiques, les enseignants spécialisés dans les réseaux d'aides aux enfants en difficulté, plus davantage ciblés. « Cela ne correspond pas à un nombre de fermeture de classes. Il y aura aussi des ouvertures », prévient l'inspecteur d'académie, Jean-Luc Strugarek.

Pire que la saignée de l'an dernier


L'économie de moyens passe également par une dizaine d'intervenants en langue qui ne seraient plus appelés à rencontrer les élèves.
« Le gouvernement veut supprimer des fonctionnaires et ne se soucie pas des conséquences sur le terrain », s'insurge Régis Douchain, du Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT.
Treize postes administratifs sont ainsi menacés dans l'Académie avec des retombées concrètes dans les services départementaux des Inspections.
Dans le secondaire (collèges, lycées et lycées professionnels), la potion risque d'être particulièrement amère. Ce sont 242 postes qui sont visés en Picardie au lieu de 198 l'année précédente. « Nous disions déjà que c'était une saignée. Cela va être pire. Tout le monde s'interroge dans les établissements », s'inquiète Sébastien Lequien, syndicaliste.
Pour obtenir des confirmations officielles, il faut attendre la tenue de réunions prévues, le 27 janvier pour le second degré, le 14 février pour le premier degré. La dernière, le 23 février, avec le conseil départemental de l'Éducation nationale, sera la plus décisive. D'ici là, l'inspection académique souligne que la réflexion se poursuit. « Il y a certainement des informations sur les effectifs dont nous ne disposons pas », avance Jean-Luc Strugarek.

Th. de LESTANG PARADE


Lire la suite...
 
j'ai un plan

 

CARNET DE JEAN-PIERRE CHEVÈNEMENT

François Hollande a-t-il mesuré l'ampleur des résistances qu'il va rencontrer?


François Hollande a prononcé au Bourget un discours de gauche, authentique et sincère. Il a revendiqué sa cohérence et livré son secret : il aime les gens. Cela peut contribuer à redonner au pays la confiance qui lui manque aujourd'hui. 

Le candidat socialiste est apparu comme un homme conscient de la difficulté de sa tâche et de l'étroitesse de ses marges. Sur l'Europe, François Hollande n'a pas évoqué la crise de la monnaie unique. Je crains qu'il ne surestime la possibilité d'obtenir de Mme Merkel, sur la simple base de son élection, la révision autre que cosmétique du futur traité européen. J’ai gardé le souvenir du pacte de stabilité, négocié par Jacques Chirac et avalisé en juin 1997 par Lionel Jospin. 

François Hollande n'a pas contesté le contrôle que le futur traité instaurerait sur les budgets nationaux, dessaisissant ainsi les parlements de leurs prérogatives. Il a en revanche évoqué le rôle de la Banque centrale européenne pour casser la spéculation, la création d'eurobonds, l'instauration d'une contribution écologique aux frontières et enfin la création d'une véritable taxe sur les transactions financières. Mais tout cela dépendra de la chancelière. L'idée d'un nouveau traité de l'Elysée, cinquante ans après, aurait un sens, si elle permettait de remettre à plat les relations franco-allemandes. 

François Hollande n'a pas présenté de scénario alternatif s'il s'avérait que le monde de la finance, dont il a rappelé qu'il s'était affranchi de toutes règles depuis vingt ans au moins, ne lui facilitait pas les choses. 

On peut s'interroger s'il a vraiment anticipé l'ampleur des résistances qu'il va rencontrer.

Éducation nationale / 68 postes menacés dans le primaire

Publié le samedi 14 janvier 2012 à 11H00 - Vu 179 fois


Il y aura moins d'enseignants dans les classes l'an prochain.

Il y aura moins d'enseignants dans les classes l'an prochain.


AISNE. l'Education nationale peaufine son plan de suppression de postes. Les chiffres, évoqués par les syndicats, suscitent déjà la colère.

«POUR moi, c'est une sape de plus en plus régulière de ce qui fonde l'école républicaine et le métier d'enseignant. C'est gravissime. J'ai l'impression que l'on vide la substance des valeurs de l'école », estime Brigitte Fournié-Turquin, retraitée de l'Éducation nationale et élue d'opposition à Laon. Elle vient de manifester sa colère lors du dernier conseil municipal de la ville préfecture.
Pour l'instant, les chiffres sont officieux. Selon les syndicalistes, l'Aisne serait concernée par la suppression de 68 postes dans le primaire pour 83 dans la Somme et l'Oise. L'an dernier, l'Aisne avait été affectée par un trait de plume rayant cinquante postes. Cette fois, les mesures prévues seraient encore plus rudes. « C'est catastrophique et inacceptable », dénonce Jean-Pierre Clavere, du Syndicat national des instituteurs et professeurs des écoles.
Dans le département, 190 élèves en moins sont attendus dans les classes du premier degré pour atteindre, à la prochaine rentrée, 53 139 scolarisés.
Le nouveau plan se décompose ainsi : 57 enseignants en moins avec les remplaçants, les conseillers pédagogiques, les enseignants spécialisés dans les réseaux d'aides aux enfants en difficulté, plus davantage ciblés. « Cela ne correspond pas à un nombre de fermeture de classes. Il y aura aussi des ouvertures », prévient l'inspecteur d'académie, Jean-Luc Strugarek.

Pire que la saignée de l'an dernier


L'économie de moyens passe également par une dizaine d'intervenants en langue qui ne seraient plus appelés à rencontrer les élèves.
« Le gouvernement veut supprimer des fonctionnaires et ne se soucie pas des conséquences sur le terrain », s'insurge Régis Douchain, du Syndicat général de l'Éducation nationale CFDT.
Treize postes administratifs sont ainsi menacés dans l'Académie avec des retombées concrètes dans les services départementaux des Inspections.
Dans le secondaire (collèges, lycées et lycées professionnels), la potion risque d'être particulièrement amère. Ce sont 242 postes qui sont visés en Picardie au lieu de 198 l'année précédente. « Nous disions déjà que c'était une saignée. Cela va être pire. Tout le monde s'interroge dans les établissements », s'inquiète Sébastien Lequien, syndicaliste.
Pour obtenir des confirmations officielles, il faut attendre la tenue de réunions prévues, le 27 janvier pour le second degré, le 14 février pour le premier degré. La dernière, le 23 février, avec le conseil départemental de l'Éducation nationale, sera la plus décisive. D'ici là, l'inspection académique souligne que la réflexion se poursuit. « Il y a certainement des informations sur les effectifs dont nous ne disposons pas », avance Jean-Luc Strugarek.

Th. de LESTANG PARADE


 

Lire la suite...
 
Dernière brève
Un peu d'humour
lendemainsquichantent1.gif
Dernières news
Qui est en ligne ?
Syndication
 
Top! Top!